La correspondance papier fut longtemps le seul vecteur de communication conservé entre un écrivain et son pair (Voltaire/Rousseau ; Flaubert/George Sand), un auteur et son amie de cœur (Diderot et Sophie Volland), un auteur et ses familiers (Mme de Sévigné à sa fille). Le XXe siècle et plus encore le XXIe qui voient apparaître téléphonie, messageries et réseaux sociaux pourraient avoir entamé ce lien des mots privilégié entre écrivains et artistes produit par l’échange épistolaire, émulatif, critique, polémique et le laboratoire vivant de création qu’il suscite. Cette conférence, à travers 6 exemples développés, s’emploiera à démontrer le contraire, du regain de vitalité au XXe siècle à son utilisation plus ciblée et exposée au XXIe avec un intérêt particulier pour les correspondances professionnelles à haut risque entre écrivains et leurs éditeurs. Sujets traités:
André Gide et Roger Martin du Gard : l’amitié au long cours de l’ alouette et du boeuf
Paul Valéry : l’ami, le poète et l’amant (Catherine Pozzi, Jean Voilier, Emilie Noulet)
Simone de Beauvoir : correspondances de guerre (Sartre, Bost) et d’après-guerre (Lettres à Nelson Algren)
Ecrivains et éditeurs : une rude négociation (Proust, Céline)
L’écrivain et le courrier des lecteurs : (Queneau, Colette, Nothomb, Chevillard)
L’entretien à distance : Hélène Cixous/Cécile Wajsbrot (Une autobiographie allemande, Bourgois, 2016) et Alfred Dreyfus/Dominique Fernandez, Correspondance indiscrète, Grasset, 2016)