Les consommateurs sont sensibles aux Produits d’Origine Géographique (POG). Le territoire de provenance est aussi l’élément déterminant du choix du produit. Quelle sensibilité ou affection au territoire les individus peuvent-ils avoir en fonction de leur niveau de connaissance et leur degré d’attachement au territoire ? Cette question est analysée avec la méthode des réseaux de neurones artificiels et la carte auto organisatrice de Kohonen. Les résultats montrent une forte relation entre connaissance de l’espace réelle et identification des produits correspondants. On utilise la notion de distance cognitive pour analyser cette relation.
Accompagnant les mobilités et, en particulier, celles des consommateurs, les espaces de connaissance des produits d’origine géographique peuvent être considérés comme dynamiques. Or, ces dynamiques semblent susciter peu d’intérêts pour la recherche sur l’espace alors qu’elles représentent des espaces de consommations élargis. Les produits alimentaires, ceux sous signes de qualité également, trouvent leur marché en dehors de la zone de production. En conséquence, la consommation d’un tel produit de son espace productif ne peut s’expliquer que par une extension et un accroissement de la représentation de ce produit avec l’éloignement. L’éloignement physique du consommateur par rapport au lieu de production aboutit à des désinformations potentielles de la qualité perçue. Pour limiter les conséquences de ces désinformations (désaffection pour le produit, perte de confiance…), l’hypothèse envisageable et retenue est de considérer une réduction de la distance cognitive au sens de Lynch (1960) qui compenserait l’accroissement de la distance physique ou réelle par rapport aux lieux d’origine du produit.
La distance cognitive, qui se mesure par une analyse de la connaissance des individus de l’espace d’origine grâce à la méthode neuronale ou intelligence artificielle, est-elle dépendante ou indépendante de la relation avec l’espace réel d’origine du bien et donc de la distance physique. Est-ce que la connaissance des territoires (à partir des préférences territoriales de déplacements des individus) correspond aux zones de produit alimentaire connues par ces mêmes personnes et quelles implications ces pratiques territoriales ont-elles sur le niveau de connaissance du produit ? Les interrelations, si elles existent, entre espace pratiqué et espace cognitif sont-elles significatives ? L’adoption d’un produit alimentaire d’origine géographique peut-elle aussi dépendre de cette connaissance de l’espace ? C’est l’objet de notre conférence en prenant l'exemple de la noix du Périgord de Dordogne.