Georges Brassens est mort il y a près d’un demi-siècle. La notoriété venue à la trentaine, il pensait, aux premiers instants du passage de l’ombre à la lumière, à une gloire éphémère avant de disparaître de notre mémoire. La part de mystère demeure encore enfouie derrière la façade rassurante d’un chanteur, muni d’un simple tabouret pour poser son pied gauche, d’une guitare, d’une voix mélodieuse reconnaissable entre toutes, et accompagné à la basse. Comment ce fils de maçon, cet enfant partiellement issu du côté de sa mère de l’immigration italienne, ce délinquant dûment condamné, ce cancre exclu de son collège a-t-il pu échapper à son destin ouvrier en devenant cet artiste universellement connu, ce chanteur à l’immense succès, ce poète étudié dans toutes les écoles et ce bon maître habité par des mots si bien tressés et amoureusement ciselés ?