La légitimité de l’intervention du médecin tient à sa capacité à répondre au malade qui demande à être soigné. Ce que résumait cet ancien dicton, et qu’incarnait par exemple Ambroise Paré, célébré pour son expertise technique et ses qualités humaines. Le temps et les progrès scientifiques et techniques ont rétréci la signification du mot cure (initialement “souci de prendre soin, attention à l’autre”) dans le sens du curatif “guérir la maladie”. Le ressentiment envers la “déshumanisation” de la médecine d'aujourd'hui fait appel à l’usage du mot (sans traduction littérale en français) care. Or la maladie, notamment chronique, grave, altère l’autonomie de l’individu, menace la dignité de la personne, blesse l’identité du sujet. Cet ancien dicton rappelle au médecin (soignant) que sa fonction et son rôle vont bien au-delà de la guérison, impossible au sens strict dans bien des cas, et en particulier dans le cadre de ce que l'on désigne “fin de vie”.