Pour l’opinion publique, « affaire des Malouines » est synonyme de « guerre des Malouines ». Pourtant cette guerre n’a duré qu’une centaine de jours, face à un problème qui traine depuis le 18e siècle. Et cette guerre n’a rien réglé, même si elle a effacé un coup de force argentin de 1982, symétrique du coup de force britannique de 1833, censé avoir créé une souveraineté au profit de la couronne britannique.
En fait, le contentieux entre l’Espagne et le Royaume Uni sur les îles Malouines, devenu contentieux entre l’Argentine et le Royaume Uni à la suite de l’indépendance accordée à ce territoire en 1816, aura duré 260 ans, si l’on considère que le problème n’est pas réglé à ce jour.
Il est vrai que sur un plan juridique l’Argentine semble avoir plus d’arguments à opposer aux prétentions britanniques. Mais le refus de l’Argentine de reconnaître le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes est de nature à affaiblir son argumentation, sur un plan politique.
Resterait le jugement des armes. Dans la configuration présente des relations internationales, après la guerre en Ukraine, l’affaire du Groenland ou la continuation de l’occupation de la Palestine, cette orientation n’a rien d’inimaginable. Mais pour l’Argentine, c’est une option extrêmement aléatoire, après deux échecs.