À première vue, il peut sembler paradoxal de considérer la couleur comme une ennemie de la peinture. Qu’est-ce en effet que la peinture sinon, pourrait-on dire naïvement, un dessin avec des couleurs ? Et que seraient les toiles de Van Gogh, Monet, Caravage s’il n’y avait précisément cette couleur qui appelle et captive le spectateur ?
Cependant, pour les artistes et théoriciens de la peinture du XVIIe siècle (et leurs conclusions excéderont largement leur siècle, puisqu’on les retrouvera notamment chez Ingres ou Le Corbusier), la couleur, si elle ne peut être écartée de la peinture, ne doit pas constituer ce qu’ils appellent sa « partie principale ». Pourquoi cette relégation à un rang subalterne ? À l’aide de quels arguments, philosophiques et moraux, se justifie-t-elle ? Ces questions seront l’objet de cette conférence.