1. A partir de 2010 commence une révolte contre le techno-solutionnisme des systèmes d’IA basés sur les données (Pour tout résoudre, cliquez ICI, Morozov 2014). L’idée première de cette révolte c’est : Non l’IA n’est pas neutre ; non ce n’est pas « juste un outil » pour lequel tout dépendrait « de son usage ». On parle alors de capitalisme cognitif, de capitalisme de plateforme, de capitalisme de surveillance (Zuboff 2018).
2. Aujourd’hui et 4 ans après le lancement des robots de conversation, on peut voir se constituer un champ d'analyse critique des systèmes d’IA générative s'appuyant sur des concepts renouvelés de la sociologie : l’IA est devenue un fait social total (Mauss 1925), une société du spectacle (Debord 1967), un système technicien (Ellul 1975), un dispositif de savoirs-pouvoirs (Foucault1994), en articulant les dimensions collectives et individuelles et en falsifiant le réel.
On décrira certaines révoltes de 2026 contre l’IA : contre l’addiction aux réseaux sociaux, le numérique à l’école, la haine en ligne, la pollution de l’industrie numérique, la guerre du coltan, les systèmes d’armes autonomes, la reconnaissance faciale… et pour une désescalade numérique dans les services publics, une objection de conscience à l’IA dans l'enseignement, une protection des données personnelles, un droit des auteurs…
On présentera ensuite certains apports théoriques, qui s'opposent et qui aussi s'articulent : d’un coté le techno-solutionnisme, la dérèglementation, le transhumanisme, l’IA de confiance… et à l’opposé, la novlangue (Orwell 1949), le techno-féodalisme (Durand 2021), le techno-colonialisme (Couldry et Mejias 2022), la schizophrénie numérique (Alombert 2024), la dépossession de nous-mêmes (Sadin 2025), la barbarie numérique (Lebrun 2025), le techno-fascisme (Neyrat 2025)…