Les liens sociaux constituent un déterminant majeur de la santé et de la qualité de vie. Les données épidémiologiques convergent pour montrer que la qualité et la densité du réseau social sont associées à une réduction significative de la morbi-mortalité, toutes causes confondues. À l’inverse, la solitude et l’isolement social représentent des facteurs de risque indépendants de troubles mentaux (dépression, anxiété), de pathologies somatiques (maladies cardiovasculaires, déclin cognitif) et de mortalité prématurée. Au-delà des associations observationnelles robustes, la littérature discute également des mécanismes biologiques potentiels sous-jacents, incluant l’inflammation systémique, la dérégulation de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien et les altérations immunitaires. Enfin, la solitude et l’isolement social apparaissent comme des facteurs majeurs du risque suicidaire. Les données épidémiologiques montrent qu’ils augmentent significativement le risque d’idéations suicidaires, de tentatives et de décès par suicide, indépendamment des troubles psychiatriques associés. Comprendre la place des déterminants sociaux dans la vulnérabilité suicidaire ouvre des perspectives en termes de prévention, d’identification des populations à risque et d’interventions ciblées. Dans leur ensemble, ces travaux soulignent que les liens sociaux ne constituent pas uniquement un facteur contextuel, mais un déterminant central des trajectoires de santé mentale et de risque suicidaire.
Conférence assurée par le Pr Ph Courtet et Mme Mayssam Shahine, Doctorante